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Lao Zi est un nom chinois, coréen, khmer ou vietnamien ; le nom de famille, Lao, précède donc le prénom.
Lao-tseu ou Lǎo Zi (pinyin) 老子 (« vieil enfant » ou « maître Lao ») est un philosophe chinois qui aurait vécu au VIe siècle av. J.-C.. Il est occasionnellement appelé Laojun, « Monsieur Lao » [1].

Le Livre de la Voie et de la Vertu ou Dao De Jing qu'on lui attribue a initié (a posteriori) le taoïsme et est considéré par d'autres courants également comme un texte philosophique important. Sur sa vie, on ne sait que peu de chose. Certains historiens estiment même qu'il n'a jamais existé.

Il est considéré par le taoïsme religieux comme un dieu et l'ancêtre de toutes les écoles.


R.B

 LE TAO LIVRE 1 LE SENS

Le SENS que l'on peut exprimer

n'est pas le sens éternel.

Le nom que l'on peut proférer n'est pas le NOM éternel.

J'appelle "Non-être" le commencement de Ciel et Terre.

J'appelle "Etre" la Mère des êtres individuels.

Se diriger vers le Non-être,

amène à contempler les limitations spatiales.

Tous deux sont originellement un

et par le nom seul diffèrent.

Dans son Unité cet Un est un mystère.

Mystère des mystères

est la porte par où surgissent toutes merveilles.

*****

Quand chacun sur terre tient le beau pour beau

Cela implique d'emblée la laideur.

Quand chacun sur terre tient le bien pour bien,

Cela implique d'emblée le mal.

Car Etre et Non-Etre mutuellement s'engendrent.

Facile et difficile l'un l'autre se parachèvent.

Long et court mutuellement se définissent.

Haut et bas l'un l'autre se touchent.

Voix et son l'un l'autre s'épousent.

Avant et après mutuellement se suivent.

Par suite, le Sage :

Se tient à l'oeuvre sans agir.

Il enseigne sans parler.

Tous les êtres viennent à lui,

et il ne se refuse pas à eux.

Il produit et ne possède pas.

Il agit et ne garde rien.

L'oeuvre accomplie,

il ne s'y attache pas.

Et justement parce qu'il ne s'attache pas,

il ne reste pas abandonné.

*****

Ne pas favoriser les hommes de mérite,

c'est éviter que le peuple ne conteste.

Ne faire aucun cas des objets précieux,

c'est éviter le vol au sein du peuple.

Ne rien exhiber qui puisse susciter la convoitise,

c'est éviter le trouble au coeur du peuple.

C'est pourquoi le Sage gouverne ainsi :

Il vide les coeurs et emplit les ventres.

Il affaiblit les ambitions et fortifie les os.

Il fait en sorte que le peuple reste sans savoir ni désir

Et pourvoit à ce que les doctes n'osent agir.

Il pratique le non-agir

et tout entre dans l'ordre.

*****

Le SENS s'écoule sans cesse.

Mais dans ses effets il ne déborde jamais.

C'est un gouffre sans fond il paraît être l'ancêtre de toutes choses.

Il émousse leur tranchant.

Il démêle leurs noeuds.

Il tempère leur éclat.

Il s'unit à leur poussière.

Il est profond et semble pourtant réel,

Fils de qui je ne sais.

Il paraît être antérieur à Dieu.

*****

Ciel et Terre ne sont pas bons.

Ils tiennent les hommes pour chiens de paille.

Le Sage n'est pas bon.

Pour lui les hommes sont chiens de paille.

L'espace entre Ciel et Terre

est pareil à une flûte,

il est vide et pourtant ne s'affaisse pas ;

Plus on l'anime, plus on peut attendre de lui.

L'abondance de mots s'épuise devant lui.

Mieux vaut garder ce qui est intérieur.

*****

L'esprit de la vallée ne meurt pas,

c'est la femelle obscure.

La porte de la femelle obscure

est la racine de Ciel et Terre.

Ininterrompue, comme perdurant,

elle agit sans effort.

*****

Le Ciel est éternel et la Terre durable.

Ils sont durable et éternel,

parce qu'ils ne vivent pas pour eux-mêmes.

Voilà ce qui les fait vivre éternellement.

Par suite le Sage :

parce qu'il s'efface,

il apparaît au premier rang.

Il se dépouille de lui-même,

et son essence subsiste.

En ne voulant rien avoir en propre

lui-même n'accomplit-il pas ce qui lui est propre ?

*****

Le bien suprême est comme l'eau.

La vertu de l'eau est de servir à tous sans querelle.

Elle séjourne en des lieux dédaignés des humains

C'est en cela qu'elle est proche de la Voie.

Pour l'habitation, le bien se manifeste dans l'emplacement.

Pour la pensée, le bien se révèle dans la profondeur.

Pour l'offrande, le bien se manifeste par l'amour.

Pour la parole, le bien résulte de la vérité.

Pour l'art de gouverner, le bien se manifeste par l'ordre.

Pour l'action, le bien résulte du talent.

Pour le mouvement, le bien résulte du choix du moment.

Qui renonce à rivaliser échappe à toute critique.

*****

Vouloir tenir une coupe et l'emplir plus qu'à ras-bord,

c'est peine perdue.

Vouloir manier un outil et sans cesse l'affiler, cela ne saurait durer longtemps.

Nul ne peut protéger

une salle remplie d'or et de pierres précieuses.

Etre riche et de haut rang, en tirer vanité :

cela appelle aussitôt le malheur.

L'oeuvre accomplie, s'effacer :

telle est la VOIE du Ciel.

*****

Peux-tu former ton âme de façon qu'elle embrasse l'Un ?

Peux-tu unifier ta force et parvenir au mol abandon du petit enfant ?

Peux-tu purifier ta vision intime

jusqu'à la rendre immaculée ?

Peux-tu aimer les hommes et gouverner l'Etat,

tout en restant dénué de savoir ?

Peux-tu, lorsque s'ouvrent et se ferment les Portes du Ciel,

rester passif comme la femelle ?

Peux-tu tout pénétrer de ta clarté et de ta pureté intérieures

sans avoir besoin d'agir ?

Produire et nourrir,

créer sans posséder,

agir sans retenir,

multiplier sans dominer :

C'est la VIE mystérieuses.
 
*****

Trente rayons autour d'un moyeu :

dans le vide médian réside l'oeuvre du char,

On creuse l'argile et elle prend la forme de vases :

C'est par le vide qu'ils sont des vases.

On perce des portes et des fenêtres pour créer une chambre :

C'est par ces vides que c'est une chambre.

Par conséquent : Ce qui est sert à la possession,

ce qui n'est pas sert à oeuvrer.
 
*****
 

Les cinq couleurs rendent l'homme aveugle.

Les cinq notes rendent l'homme sourd.

Les cinq saveurs rendent le palais insensible.

Courses et chasses aliènent le coeur de l'homme.

Les biens précieux égarent la conduite de l'homme.

C'est pourquoi le Sage agit pour le corps et non pour l'oeil.

Il adopte l'un et rejette l'autre.
 
*****

La faveur est humiliante comme la peur.

L'honneur est un grand mal autant que l'individualité.

Que veut dire : "la faveur est humiliante comme la peur" ?

La faveur est chose de moindre prix.

On l'obtient et l'on est effrayé.

La perd-on que l'on est effrayé tout autant.

Voilà ce que signifie : "la faveur est humiliante comme la peur".

Que veut dire ceci : "L'honneur est un grand mal autant que l'individualité ?"

Si j'éprouve un grand mal

c'est que je suis une individualité.

Si je n'étais pas une individualité,

quel mal pourrais-je alors éprouver ?

C'est pourquoi : celui qui honore le monde en sa personne,

on peut lui confier le monde.

Celui qui aime le monde en sa personne,

on peut lui remettre le monde.
 
 
*****
 

On le cherche du regard et on ne le voit pas :

son nom est germe.

On tend l'oreille et on ne l'entend pas :

son nom est subtil.

On cherche à le saisir et on ne le sent pas :

son nom est ténu.

Ces trois qualités sont inséparables,

elles se fondent en Unité.

Son aspect supérieur n'est pas lumineux,

son aspect inférieur n'est pas obscur.

Il sourd continuellement,

on ne saurait le nommer.

Il fait retour au Non-Etre.

Forme sans forme,

image sans objet.

C'est lui l'obscur chaos.

Allant à sa rencontre, on ne voit pas son visage,

le suivant, on ne voit pas son dos.

Si l'on s'attache à la voie antique

pour maîtriser l'Etre aujourd'hui,

on peut alors connaître l'antique commencement.

C'est le fil conducteur de la Voie.
 
*****

Ceux de jadis étaient des Maîtres habiles,

ils étaient en union secrètes avec les forces invisibles.

Si profonds qu'on ne saurait les connaître ;

c'est pourquoi, l'on ne peut qu'à grand peine décrire leur aspect extérieur.

Hésitants comme qui traverse un fleuve en hiver,

prudents comme qui redoute de toutes parts ses voisins,

réservés comme des invités,

s'effaçant comme glace fondante,

simple comme matière brute,

ils étaient vastes comme la vallée,

sans plus de transparence que l'opacité même.

Qui sait (comme eux) dans le silence éclairer peu à peu les ténèbres ?

Qui sait (comme eux) peu à peu,

à la longue, engendrer la sérénité ?

Celui qui reste dans cette voie

ne désire nulle abondance de biens.

Car c'est seulement parce qu'il est démuni,

qu'il peut être humble,

éviter le nouveau,

et atteindre l'accomplissement.
 
*****

Crée en toi le vide, parfaitement !

Préserve ta sérénité pleinement !

Maintiens la quiétude intégralement !

Toutes les choses peuvent alors surgir à la fois.

Je contemple leur évolution.

Si multiples que soient les choses,

chacune fait retour à sa racine.

Revenir à sa racine, cela veut dire sérénité.

Sérénité veut dire retour à la destinée.

Retour à la destinée veut dire éternité.

Connaissance de l'éternité veut dire clarté.

Qui ne connaît l'éternel

vient à confusion et fautes.

Mais qui connaît l'éternel

est patient.

Patience conduit à la justice.

Justice conduit à la souveraineté.

Souveraineté conduit au Ciel.

Le ciel conduit à la VOIE.

La VOIE conduit à l'éternité.

Sa vie durant, l'on est sauf du péril.
 
*****

Un très Grand vient-il gouverner,

c'est à peine si le peuple sait qu'il existe.

De plus petits sont aimés et loués,

de plus petits encore sont redoutés,

d'autres plus petits encore sont méprisés.

Qu'il faut être réfléchi dans ses paroles !

Les oeuvres s'accomplissent, les affaires vont leur train,

et les gens pensent tous :

"Nous sommes libres".
 
*****

Si le grand SENS est perdu,

apparaissent la moralité et le devoir.

Si l'intelligence et le savoir prospèrent,

apparaissent les grands mensonges.

Si les parents proches se divisent,

apparaissent le devoir filial et l'amour.

Si les Etats tombent dans le désordre,

apparaissent les fonctionnaires loyaux.
 
*****

Défaites-vous de la sainteté, rejetez le savoir,

le peuple cent fois y gagnera.

Défaites-vous de la moralité, rejetez le devoir,

lel peuple reviendra au devoir filial et à l'amour.

Défaites-vous de l'habileté, rejetez le profit,

il n'y aura plus ni voleurs, ni malandrins.

En ces trois matières

de beaux simulacres ne suffisent pas.

Aussi, ayez soin que les hommes puissent avoir confiance

en quelque chose.

Montrez de la simplicité, attachez-vous à l'intégrité !

Réduisez l'égoïsme, modérez vos désirs !

Renoncez au savoir !

Vous serez libres de soucis.
 
*****

Entre "assurément" et "sans doute"

quelle différence y-a-t-il ?

Entre "bon" et "mauvais"

où est la différence ?

Ce qu'honorent les hommes, il faut l'honorer.

O ! Solitude, combien de temps vas-tu durer ?

Tous les hommes sont rayonnants

comme si c'était le Grand Sacrifice,

comme s'ils montaient au printemps sur les tours.

Moi seul, je suis comme hésitant, nul signe encore ne m'est apparu,

Je suis comme un nouveau-né qui ne sait pas encore sourire,

inquiet, errant, comme un sans-logis.

Tous les hommes ont du superflu ;

moi seul, je parais oublié.

Mon coeur est d'un insensé, confus et sombre.

Les gens sont clairvoyants, hélas ! si clairvoyants ;

moi seul, je parais obtus.

Les gens sont avisés, hélas ! si avisés ;

moi seul semble replié sur moi,

agité, hélas ! comme la mer,

je tourbillonne, hélas ! sans cesse.

Tous les hommes ont leurs desseins,

moi seul, je suis oisif comme un mendiant.

Moi seul, je diffère des hommes :

mais je tiens pour honorable

de chercher la nourriture auprès de la Mère.
 
*****

Le contenu de la grande Vie

procède entièrement du SENS.

Le SENS anime les choses

d'une manière si chaotique, si obscure.

En lui sont des images

chaotiques, obscures.

En lui, sont des choses obscures, chaotiques.

Ténébreuse, insondable,

est en lui la semence.

Cette semence est absolument vraie.

Elle confère la sécurité.

De tous temps jusqu'à ce jour,

on n'a pas pu se passer de noms

pour considérer les choses.

D'où me vient cette connaissance de la nature de toutes choses ?

De la semence précisément.
 
*****

Ce qui n'est que moitié deviendra un tout.

Ce qui est courbé deviendra droit.

Ce qui est vide se remplira.

Ce qui est usé sera renouvelé.

Qui a peu, recevra.

Qui a beaucoup, perdra.

Ainsi fait donc le Sage :

Il embrasse l'Un,

il est pour tout le monde un modèle.

Il ne cherche pas à briller,

c'est pourquoi il atteint l'illumination.

Il ne veut lui-même être rien,

d'où sa magnificence.

Il est sans vanité,

c'est pourquoi il accomplit ses oeuvres.

Il ne se met pas en avant,

c'est pourquoi il devient grand.

Car celui qui ne lutte pas,

nul au monde ne peut lutter avec lui.

Le vieil adage : "Ce qui est moitié doit retrouver son intégrité"

n'est pas un vain mot en vérité.

S'y trouve inclus tout accomplissement véritable.
 
*****

Ménage tes paroles,

et tout ira de soi.

Un ouragan ne dure pas un matin.

Une averse ne dure pas tout un jour.

Qui donc les produit ?

Ciel et Terre.

Si Ciel et Terre eux-mêmes ne peuvent rien de durable,

combien moins encore l'homme le peut-il ?

Aussi, si tu te mets à l'oeuvre, selon la VOIE,

tu ne feras qu'un sur la VOIE avec ceux qui s'y trouvent,

tu ne feras qu'un dans la VIE avec ceux qui ont la VIE,

tu ne feras qu'un dans la pauvreté avec ceux qui sont pauvres.

Si tu ne fais qu'un avec eux dans la VOIE,

joyeusement, ceux qui t'y précèdent

viendront à ta rencontre.

Si tu ne fais qu'un avec eux dans la pauvreté,

joyeusement, ceux qui sont pauvres

viendront à ta rencontre.
Mais les gens de peu de foi

ne rencontrent nulle foi.
 
*****

Qui se dresse sur la pointe des pieds

ne tient pas debout.

Qui veut aller les jambes écartées

ne peut avancer.

Qui veut paraître

point ne rayonne.

Qui veut être quelque chose,

nul ne le glorifie.

Qui se vante

n'accomplit point d'oeuvres.

Qui se met en avant

n'est pas reconnu pour grand.

C'est pour la VOIE déchet de cuisine et tumeur purulente

et toutes les créatures mêmes le détestent.

C'est pourquoi quiconque possède la VOIE

s'écarte de tels chemins.
 
*****

Il est une chose parfaite, sans réserve.

Avant que le Ciel et la Terre ne fussent, la voilà déjà,

silencieuse et seule, ô combien.

Elle se tient seule, immuable.

Elle se meut en cercle sans se mettre en péril.

Nommons-la, si vous voulez, la Mère du monde.

Je ne sais pas son nom.

Je l'appelle la VOIE.

Ayant bien de la peine à lui donner un nom,

je la dénomme : Grande.

Grand, cela veut dire toujours en mouvement.

Toujours en mouvement, cela veut dire éloigné.

Eloigné, cela veut dire faisant retour.

Ainsi la VOIE est grande, le Ciel grand, la Terre est grande ;

et l'Homme aussi est grand.

Dans l'espace, il y a quatre grands,

et l'Homme en fait partie.

L'Homme se règle sur la Terre.

La Terre se règle sur le Ciel.

Le Ciel se règle sur la VOIE.

La VOIE se règle sur elle-même.
 
*****

Le subtil a sa racine dans la lourde matière,

le calme est maître de l'inquiétude.

Ainsi fait donc le Sage :

Il chemine à longueur de journée,

sans se défaire de son pesant bagage.

Quelles que soient, même, les merveilles qu'il puisse contempler,

il reste satisfait dans son isolement.

Bien moins encore est-il permis au Maître de l'Empire

de mésestimer en lui-même le domaine terrestre !

Pour une telle négligence, on perd ses racines.

L'inquiétude fait perdre la souveraineté.
 
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Un bon marcheur ne laisse derrière lui nulle trace.

Un bon orateur n'a rien à réfuter.

Un bon calculateur n'a pas besoin de bâtonnets.

A bon gardien, ni serrure ni clé,

et pourtant personne ne saurait ouvrir.

A bon lieur, ni corde, ni noeuds,

et pourtant personne ne saurait délier.

Le Sage s'entend toujours bien à sauver les hommes ;

c'est pourquoi nul n'est pour lui à rejeter.

Il s'entend toujours bien à sauver les choses ;

rien n'est par lui rejeté.

C'est là qu'on appelle la lucidité innée.

Ainsi les hommes de bien enseignent-ils les moins bons,

Et ceux-ci sont la substance dont on fait les hommes de bien.

Qui ne saurait honorer son maître

ni aimer sa propre matière,

serait en erreur lourdement, dépit de tout son savoir.

Voilà le grand mystère.
 
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Qui connaît son masculin

tout en préservant sa féminité,

celui-là est le Ravin du monde.

Etant le Ravin du monde,

la VIE éternelle ne le quitte point

et il redevient tel qu'un enfant.

Qui connaît sa pureté

tout en conservant sa faiblesse,

est un modèle pour le monde.

Etant un modèle pour le monde,

la VIE éternelle ne l'abandonne pas

et il fait retour au Commencememnt.

Qui connaît son honneur

sans ignorer sa honte,

celui-là est la Vallée du monde.

Etant la Vallée du monde,

il possède en abondance la VIE éternelle

et fait retour à la simplicité.

Si le Simple se disperse, on a des hommes "utiles".

Si le Sage les emploie, il devient le Maître des subalternes.

Partant : pour façonner une oeuvre grandiose,

nul besoin de trancher.
 
*****

Vouloir conquérir le monde et vouloir le manipuler,

c'est courir à l'échec, je l'ai vécu d'expérience.

Le monde est chose spirituelle,

qu'on n'a pas le droit de manipuler.

Qui le manipule le fait périr,

à qui veut s'en saisir il échappe.

Tantôt les choses prennent les devants, tantôt elles suivent,

tantôt elles exhalent le chaud, tantôt elles soufflent le froid,

tantôt elles sont fortes, tantôt elles sont grêles,

tantôt elles planent haut, tantôt elles s'écroulent.

Aussi le Sage évite-t-il

tout excès de quantité, de nombre et de mesure.
 
*****

Celui qui dans le juste SENS assiste un souverain

ne règne pas sur le monde par les armes,

car les actions entraînent un choc en retour.

Là où campèrent des armées poussent chardons et ronces.

Après les combats viennent toujours des années de disette.

Aussi l'homme de valeur cherche-t-il le dénouement et rien de plus ;

il ne se risque pas à conquérir par la violence.

Il emporte la décision sans se rengorger,

sans se glorifier,

sans orgueil,

il emporte la décision parce qu'il ne peut en être autrement,

il emporte la décision, loin de toute violence.
 
*****

Les armes sont des instruments de malheur

et tous les êtres assurément les détestent.

C'est pourquoi, celui qui a le juste SENS

ne veut pas en entendre parler.

Le noble dans sa vie ordinaire

tient la gauche pour la place d'honneur.

Mais dans la carrière des armes,

c'est la droite qui est la place d'honneur.

Les armes sont des instruments de malheur,

il ne sied point au noble d'en user.

Sauf et seulement quand il ne peut faire autrement.

Le calme et la paix sont pour lui le bien suprême.

Il est vainqueur mais ne s'en réjouit pas.
Celui qui voudrait s'en réjouir

se réjouirait du meurtre des hommes.

Celui qui voudrait se réjouir du meurtre des hommes

ne saurait atteindre son but dans le monde.

Aux jours fastes, on tient la gauche pour la place d'honneur.

Aux jours néfastes, on tient la droite pour la place d'honneur.

A la guerre, le général adjoint est à gauche,

le général en chef se tient à droite.

C'est dire qu'il prend place

selon la coutume des funérailles.

Tuer des hommes en grand nombre,

on doit le déplorer avec des larmes de compassion.

Et l'attitude du vainqueur du combat

doit être celle qui convient lors d'une cérémonie funèbre.
 
*****

La VOIE, en tant qu'éternelle,

est d'une simplicité sans nom.

Bien qu'elle soit petite,

le monde n'ose pas en faire sa servante.

Si rois et princes savaient s'y tenir,

tous les êtres se montreraient hospitaliers.

Ciel et Terre s'uniraient

pour distiller une rosée suave.

De lui-même et sans ordres,

le peuple trouverait l'harmonie.
Dès que l'organisation commence,

apparaissent des noms.

Les noms acquièrent aussi l'existence,

et l'on ne sait plus où il faut s'arrêter.

Si l'on sait où s'arrêter,

nul péril n'est encouru.

On peut comparer la relation de la VOIE avec le monde

aux ruisseaux de montagne et aux eaux de vallée

qui se jettent dans les fleuves et dans la mer.
 
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Qui connaît autrui est sensé.

Qui se connaît soi-même est sage.
Qui triomphe d'autrui est fort.
Qui triomphe de soi est puissant.
Qui vient à bout de soi a de la volonté.

Qui sait se satisfaire est riche.

Qui ne perd pas sa place est stable.

Qui même dans la mort ne périt pas, celui-là vit.
 
*****

La VOIE est omniprésente,

elle peut être à droite et à gauche.

Tous les êtres lui doivent leur existence,

jamais elle nese refuse à eux.

L'oeuvre accomplie,

elle ne s'en attribue pas la possession.

Elle vêt et nourrit tous les êtres,

et ne se prétend pas leur maître.
Puisque constamment elle est sans convoitise,

on peut la qualifier de petite.

Puisque tous les êtres dépendent d'elle,

sans la connaître comme leur souveraine,

on peut la qualifier de grande.

Par la suite, le Sage :

jamais ne se magnifie ;

c'est pourquoi il mène à terme son Grand Oeuvre.
 
*****

Celui qui est fidèle au grand Archétype,

le monde vient à lui.

Il vient et n'est point lésé,

dans la paix, l'égalité et la félicité.

La musique et les mets alléchants

font s'arrêter en chemin le passant.

Le SENS sort de la bouche,

doux et insipide.

Tu le cherches du regard et ne vois rien d'extraordinaire.

Tu tends l'oreille et n'entends rien d'extraordinaire.

Tu agis selon lui et ne trouves pas de fin.
 
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Ce que tu veux comprimer,

tu dois d'abord le laisser se bien dilater.

Ce que tu veux affaiblir,

tu dois d'abord le laisser se bien renforcer.

Ce que tu veux anéantir,

tu dois d'abord le laisser se bien épanouir.

A qui tu veux prendre,

tu dois d'abord bien donner.

C'est là ce qu'on appelle avoir une lueur sur l'invisible.

La souplesse triomphe de la dureté.

La faiblesse triomphe de la force.

On ne doit pas tirer le poisson des profondeurs.

On ne doit pas montrer aux gens

les moyens d'action de l'Empire.
 
*****

Le SENS est sans-agir, éternellement,

et pourtant ne laisse rien inaccompli.

Si rois et princes savent le garder,

toutes choses se forment d'elles-mêmes.

Viennent-elles à se former et la convoitise à surgir,

alors je les contrains par la simplicité sans nom.

La simplicité sans nom engendre l'absence de désir.

L'absence de désir crée la sérénité

et de lui-même le monde marche droit.
 

Copyright © 2007 [medioline]. Tous droits réservés.Révision : 13 octobre 2007.

 
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